Aurélien Dunand-Pallaz établit un nouveau record du GR 20 en 27h29
Parti jeudi 24 septembre à 5 heures du matin de Calenzana, le Savoyard Aurélien Dunand Pallaz est arrivé 27h29 plus tard à Conca, où est traditionnellement jugée l’arrivée de la traversée du GR 20, en Corse. L’ultra-traileur de 33 ans pulvérise de 2h15 le précédent record établi par François d’Haene en juillet dernier.
La fin de saison 2026 d’ultra-trail a réservé des performances toutes plus impressionnantes les unes que les autres ; Il y eut, d’abord, fin août, à Chamonix, la victoire de l’Américain Ben Dhiman sur l’UTMB Mont-Blanc, en moins de 19 heures. Puis, il y a une dizaine de jours, la troisième place au scratch de l’Allemande Katharina Harthmuth sur le Tor des Géants 330, une première sur l’épreuve. Et enfin ce nouveau record du GR 20 réalisé ces deux derniers jours par le Français Aurélien Dunand-Pallaz.
Une saison consacrée à la préparation de cette traversée
Ce dernier n’aura pas accroché beaucoup de dossards sur des courses d’envergure cette saison, misant tout sur une préparation millimétrée pour ce record sur le mythique sentier corse. Pendant ces derniers mois, il aura fait de ce terrain tellement technique et exigeant, un terrain à sa mesure, qu’il se sera totalement approprié et dont il se sera imprégné - à force de le reconnaître et de l’emprunter en le terminant en 4 jours, puis 3 jours au cours des dernières années.
Un rythme fou d’emblée
Depuis jeudi matin 5 heures, Aurélien Dunand-Pallaz paraissait en terrain conquis. Le rythme fou imprégné dès les premiers kilomètres laissait pantois jusqu’à ses pacers - pourtant pas les plus manchots dans l’exercice, à l’image des Diego Pazos, Arthur Joyeux-Bouillon, ou Théo Détienne, embringués dans cette folle aventure. Sur les portions les plus techniques, ils paraissaient même peiner face au rythme imposé par l’ancien vainqueur de la Hardrock et du Grand Raid de la Réunion, en 2023.
Les observateurs se demandaient s’il était bien raisonnable d’attaquer à ce rythme les 166 km et 12 000 m de dénivelé de la trace. Aurélien allait-il exploser en vol, voulait-il emmagasiner le plus de kilomètres avant une nuit plus longue que celle vécue par François d’Haene, et où l’on évolue forcément moins rapidement ?
Des questions qui en fait n’avaient pas lieu d’être. Et qui trouveront une réponse au fil des kilomètres : non, Aurélien Dunand-Pallaz n’aura pas surestimé ni sa tâche, ni son rythme, et l’écart avec la marque référence de François d’Haene continuera d’augmenter inexorablement au fil des kilomètres et des montagnes de cailloux enjambées.
Savourer la fin de parcours
A 17 km du but, au col de Bavella, Aurélien Dunand-Pallaz montrera une légère baisse de régime. Mais l’essentiel était fait, l’écart était assez conséquent pour arriver sereinement à son objectif : établir un nouveau temps record sur ces terres qui lui sont tellement chères, en 27h29’.
Un record homologué par la ligue corse de la FFME, causant une émotion perceptible chez Aurélien Dunand-Pallaz, en sanglots à l’heure de se poser enfin sur une pierre, à l’arrivée à Conca.
Je pensais parvenir à réaliser moins de 29 heures. Secrètement, je m’étais fixé 28 heures 30, et je rêvais de moins de 28 heures…
Retranchant près de deux heures et quinze minutes au précédent record, Aurélien Dunand-Pallaz aura évolué comme dans son rêve le plus fou : tout en sérénité apparente, en légèreté, en maîtrise et en contrôle. Une nouvelle Master Class de cette saison 2026 absolument folle.