Sophie Woods, record sur la Via Alpina
Du 4 juillet au 1er août 2026 derniers, l’ultra-traileuse Sophie Woods a traversé les Alpes, de Trieste à Monaco. 2000 kilomètres et quelque 117 000 mètres de dénivelé positif parcourus en 28 jours, 17 heures et 59 minutes… Un exploit qui représente le meilleur temps féminin jamais réalisé sur la Via Alpina.
Slovénie, Italie, Autriche, Allemagne, Liechtenstein, Suisse, France et finalement Monaco… C’est le long périple que s’est infligé la néo-zélandaise cet été. Sophie Woods avait bien préparé son coup et l’a réussi. Elle était accompagnée durant ce périple par son mari et une amie photographe, Zoé Salt. Si cet article avait été écrit dès son arrivée le 1er août, son temps de 28 jours, 17 heures et 59 minutes record aurait été un record hommes et femmes confondues, avec assistance. Mais la Via Alpina est convoitée : le 16 août 2026, 15 jours après l’exploit de Sophie Woods, le Suisse Frédéric Splendore a terminé la Via Alpina dans l’autre sens, Monaco–Trieste, en 23 j 11 h 42 min… Chaud été dans les Alpes ! Nul doute que le challenge sera relevé par d’autres traileurs dans les prochaines années. Anecdote des agendas et des cartes alpines : le 28 juillet, les deux coureurs se trouvaient dans le même secteur des Hautes-Alpes, autour de Freissinières, chacun poursuivant sa traversée vers l'extrémité opposée du massif.
L’exploit
Le départ de la performance de Sophie Woods, habituée du circuit trail, est donné le 4 juillet, au milieu de la nuit, depuis Muggia, dans la région de Trieste. La Via Alpina traverse successivement l’Italie, la Slovénie, l’Autriche, l’Allemagne, le Liechtenstein, la Suisse et la France avant de rejoindre Monaco. La trace retenue mesure environ 2 000 kilomètres. Les données publiées après la tentative font état de 117 614 mètres de dénivelé positif. George Woods et Zoe Salt la retrouvent régulièrement le long du parcours pour lui fournir nourriture, eau et matériel. Toute la documentation de son effort — données GPS comprises — a été transmise au site Fastest Known Time, qui a validé sa performance dans la catégorie « supported ». Pour aller au bout de son exploit et remporter la timbale du record, Woods allait de l’avant entre 14 et 18 heures par jour… En moyenne, 70 kilomètres et 4000 mètres de dénivelé positif par jour. Des chiffres qui donnent le tournis. D’autant que la sportive néo-zélandaise a dû affronter l’été le plus chaud de l’histoire récente, affrontant chaleur, orages et contournant même des incendies de forêts... Bien se nourrir, bien dormir, tout a été important pour Sophie Woods dans cette aventure, qui laisse trainer dans son instagram les phrases suivantes sur un post lié au sommeil : “ est-ce que je le referais si j’avais le choix ? Absolument ! ”
Le 1er août, elle atteint finalement Monaco. Le précédent meilleur temps féminin appartenait à la Néerlandaise Tessa Caspers, en 38 jours, 2 heures et 54 minutes. Woods améliore également, pour 15 jours donc, la marque masculine de Jake Catterall, établie en 2024 en 35 jours, 21 heures et 4 minutes.
Une carrière consistante
Sophie Woods n’a pourtant rien d’une enfant du trail élevée sur les sentiers. Née en Nouvelle-Zélande, elle part vivre à Londres à l’âge de 20 ans. Lorsqu’elle commence à courir au milieu de la vingtaine, les distances sont courtes. Les 10 kilomètres arrivent, puis les marathons, avant que la montagne et l’ultra ne prennent progressivement davantage de place. Après seize années passées à Londres, elle part avec son mari vivre plusieurs années dans un van et parcourir les montagnes européennes. Le choix qui raconte déjà quelque chose : une immense passion pour la vie au grand air ! Sous le nom de Sophie Grant, son nom de jeune fille, Woods devient progressivement une habituée des grands ultras européens. UTMB, Lavaredo Ultra Trail, Transgrancanaria, Diagonale des Fous, Marathon des Sables : sa carrière accumule les expériences de longue durée. Elle a représenté par le passé la Grande-Bretagne en trail et a meme remporté en 2018 le championnat britannique de skyrunning. Elle a terminé le Tor des Géants à trois reprises. En janvier 2026, quelques mois seulement avant la Via Alpina, elle découvre la Winter Spine Race : environ 420 kilomètres sur le Pennine Way britannique, en plein hiver. Pour sa première participation, elle termine troisième femme en 117h32.
Une performance ébouriffante qui a sans nul doute compté dans sa confiance avant d’aborder la Via Alpina.
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