Les formats de course en trail running
Par Arnaud Didry
Mis à jour le mer. 27 mai 2026
De la course en montagne à l'ultra trail, en passant par le skyrunning ou le KV : tour d'horizon des différents formats du trail running.
Dire que l'on fait du trail, c'est un peu comme dire que l'on court. OK, on met régulièrement des baskets, mais sur quelle distance ? Depuis son émergence en France au début des années 2000, l'univers du trail running a beaucoup évolué. Il est désormais composé d'une multitude de formats... et les non-initiés ont vraiment de quoi s'y perdre ! On vous explique (presque) tout sur les différents types de course.
La course en montagne
Les puristes risquent de sauter au plafond en voyant que l'on intègre la course en montagne à la galaxie du trail running. En effet, la course en montagne est bien plus ancienne que le trail. Les montagnards couraient déjà sur les sentiers d'altitude il y a plusieurs dizaines d'années, notamment en Suisse, en se lançant des défis du style : « le premier arrivé au sommet a gagné ! »
Très athlétique, cette discipline est encadrée par les fédérations nationales et internationales et soumises à un règlement très précis. Par exemple, les bâtons sont strictement interdits. La Fédération française d'athlétisme (FFA) indique que « les courses en montagne font partie des "courses de pleine nature". Ce sont des épreuves en milieu montagnard, présentant un minimum de dénivelée de 500 mètres et un écart minimum entre point bas et point haut de 300 mètres. Il est recommandé aux organisateurs de restreindre la distance à une durée de 1 heure à 1 heure 15 pour les premiers, respectant en cela le format "athlétique" de cette discipline organisée au niveau mondial, et surtout d'éviter tout passage dangereux ou sol instable. »
Le trail court
L'épithète « court » est tout relatif – surtout depuis quelques années. Originellement, le trail dit court désignait, d'après la FFA, des épreuves comprises entre 21 et 41 km et une dénivellation supérieure à 1000 m. Depuis quelques temps, la tendance est clairement à l'allongement des distances, comme en témoigne le trail court des championnats du monde 2025 qui proposait la bagatelle de 44,5 km et 3660 m D+ ! Néanmoins le trail court n'est pas la « course enfants » d'un événement, bien au contraire. C'est un format exigeant qui requiert toutes les qualités d'un bon montagnard et d'un bon coureur avec un effort condensé sur quelques heures (de 2 heures à 5-6 heures).

Le trail long
Aux débuts de la discipline, la FFA qualifiait de long un trail qui s'étirait entre 42 et 80 km. La dénomination recouvre donc une vaste palette d'épreuves qui n'exigent pas vraiment les mêmes qualités, ni le même entraînement. Entre un maratrail (marathon en nature) et une épreuve de 80 km, il y a un gouffre ! La force mentale, la résistance physique, la gestion de l'alimentation et de l'hydratation ainsi que la disponibilité pour s'entraîner sont autant de composantes essentielles pour préparer un trail long.
L'ultra trail
Le seul intitulé de ce format attise l'imaginaire. On pense d'emblée à l'épreuve la plus mythique du circuit – l'UTMB® – et on se voit déjà en héros des sentiers... Depuis des années, on assiste à une inflation kilométrique dans le monde du trail : il faut courir toujours plus longtemps sur des courses toujours plus dures. 80, 100, 150, voire 250 km et 5000, 8000, 10000, voire 15000 m D+ : rien n'est assez difficile pour les adeptes de l'ultra qui est à la fois une mode, une tendance de fond et un état d'esprit particulier.
Ce type d'épreuve exige une préparation minutieuse qu'il ne faut pas prendre à la légère : un volume d'entraînement très élevé, un mental d'acier (une course « se perd » souvent lorsque la tête flanche), une stratégie d'alimentation et d'hydratation bien rôdée, une capacité physique à encaisser des efforts de très longue durée (souvent plus de 20 heures, nuits blanches...).

Le trail urbain ou urban trail
C'est le trail version citadine, parfois décrié par les puristes qui considèrent le trail comme un sport exclusivement de pleine nature. Ces courses proposent des parcours verdoyants dans les parcs, des passages insolites dans des quartiers historiques, des sections techniques avec des escaliers et la découverte du patrimoine d'une ville. Les itinéraires sont souvent nerveux et rapides, ce qui nécessite de développer de l'habileté, de la rapidité, des capacités de relance.
Dans cette grande famille de l'urban trail, on peut inclure l'Ecotrail®, label qui regroupe un circuit d'épreuves en Europe. Le concept repose sur l'idée de parcours urbains qui empruntent un maximum de chemins afin de permettre aux participants de courir sur des sols naturels. Les distances sont très variées, d'une dizaine de kilomètres à 80 km.
Le skyrunning
Géré par la Fédération internationale de skyrunning (ISF), créée en 2008 et basée en Italie, pays berceau de la discipline, le skyrunning a été officiellement imaginé en 1992 par Mario Giacometti dont le credo était simple : « less cloud, more sky ». L'ISF définit le skyrunning comme « une course de montagne montant jusqu'à ou dépassant 2000 mètres d'altitude où la pente moyenne de 6 % sur la distance totale et où au moins 5 % de la distance totale a une déclivité de 30 % ou plus ». Ces formats sont très montagnards, aériens et engagés, avec une forte technicité. Le ratio distance/dénivelé est généralement très élevé.
Il existe un circuit international et des circuits nationaux de la discipline. L'ISF distingue différents formats au sein du skyrunning, notamment : Sky (20-49 km et 1 200 m D+ minimum), SkyUltra (50-99 km et 3 000 m D+ au minimum), Vertical (montées sèches de 1 000 m D+ et 5 km linéaires au maximum), SkySpeed (100 m D+ au minimum et 33 % de déclivité au minimum). Le SkyMarathon désigne les courses de 30 km minimum et 2 000 m D+ minimum dont le vainqueur l'emporte en moins de 5 heures d'effort. La SkyRace est l'intitulé générique des compétitions de skyrunning comptant au moins 20 km et 1 200 m D+.
Le kilomètre vertical
Là encore, on sort un peu du strict cadre du trail running car le kilomètre vertical (« KV » pour les intimes) n'est pas à proprement parler du trail. Le concept est simple : on trace un itinéraire droit dans la pente jusqu'à obtenir 1000 m D+. Les bâtons sont autorisés et, en général, la pente est si raide qu'on ne court quasiment pas – voire pas du tout. Les épreuves les plus raides et les plus rapides sont la Verticale du Grand Serre (Isère) qui compte 1,8 km linéaires et Fully (Suisse) qui cumule 1,9 km de distance. Il faut évidemment être un excellent grimpeur avec un rapport poids-puissance optimal, mais surtout un parfait utilisateur des bâtons. Les pratiquants de ski alpinisme sont souvent les meilleurs performeurs sur ce format.
Le trail blanc
Relativement rares, les trails blanc sont souvent organisés par les stations de ski. Ces épreuves sur neige permettent de garder le contact avec la discipline pendant la saison hivernale. Ces courses sont généralement assez courtes (10 à 30 km) et proposent des parcours majoritairement damés. Les conditions sont plutôt éprouvantes en raison du froid et du terrain. Il faut disposer d'une grande puissance musculaire, une résistance au froid et une capacité à gérer des conditions climatiques difficiles.
Le trail des sables ou des déserts
Le plus célèbre trail des sables est le Marathon des Sables, qui se décline en plusieurs versions sur plusieurs continents. D'autres courses réservent le même type de dépaysement en proposant des parcours dans le désert d'Atacama au Chili ou le désert de Gobi en Chine. Ces épreuves, qui se déroulent dans le désert, souvent dans le sable, offrent une expérience très différente et proposent généralement plusieurs étapes. Il faut indéniablement avoir un esprit baroudeur pour apprécier ces aventures exotiques qui nécessitent souvent d'évoluer en totale autonomie.
En conclusion
En conclusion, le trail running est devenu une véritable galaxie où gravitent une vaste diversité de formats. Des épreuves les plus courtes et les plus nerveuses aux aventures les plus longues, le trail permet à chacun de trouver une course qui correspond non seulement à ses envies, mais aussi à ses capacités physiques et mentales et à la disponibilité dont il dispose au quotidien pour s'entraîner.