S’inscrivant, dès 1995, parmi les courses pionnières du calendrier trail hexagonal, le trail des Templiers a donné lieu, des années plus tard, à un Festival installé à Millau. Trois jours durant, les 16 formats de course et ses 13 000 candidats magnifient les Causses environnants. Ou inversement. Depuis plus de 30 ans, le Grand Trail des Templiers conclut ce week-end en apothéose, sur 80 km et 3500m D+, où les meilleurs spécialistes mondiaux de la discipline viennent en découdre, ajoutant chaque année une nouvelle page à cette épreuve historique.
Le Festival des Templiers doit son existence à nos cousins d’Amérique. Inspirés par leurs récents reportages aux Etats-Unis en 1991 où ils couvrent la Western States en Californie et le Leadville 100 dans le Colorado, Odile Baudrier et Gilles Bertrand, journaliste et photographe, sont parmi les premiers en France à impulser cette nouvelle discipline, qui ne s’appelle pas encore Trail, mais qui connaîtra dans les décennies suivantes l’essor qu’on lui connaît actuellement.
Gilles et Odile lancent donc en 1995, au cœur du Parc naturel régional des Grands Causses (Aveyron), la première édition d’un événement encore inédit en France (hors massif alpin) : une épreuve de course entièrement sur chemin, une aventure sauvage et authentique en semi-autonomie. C’est le début de l’essor d’une nouvelle pratique qui ne porte pas encore son nom : le trail. Et le début d’une histoire à succès pour le Trail des Templiers.
De Sainte-Eulalie-de-Cournon à Nant, et de Nant à Millau
Cette première édition des Templiers voit le jour à Sainte-Eulalie-de-Cournon. Il n’y a alors qu’une distance au programme - déjà un 80 km - et le plus rapide des 500 pionniers à s’élancer sur cette première remporte un sac de berger. Bien loin des 69 000 euros de prize-money que les différents vainqueurs de l’édition 2026 se partageront. Autres temps, autres mœurs.
Deux ans plus tard, l’épreuve déménage à Nant, petit village de 400 âmes, qui devient vite trop petit pour un évènement qui ne cesse de croître. En quinze ans de course à Nant, de somptueuses pages se seront néanmoins écrites dans la légende des Templiers.
En 2010, ce qui est devenu désormais un Festival (des Templiers) migre donc une nouvelle fois, vers Millau, où l’évènement peut déployer sans peine son programme pléthorique, constitué de 16 courses, des courses Kids au 100 km, en passant par le maratrail ou le trail courte distance, pour satisfaire tous les publics : du débutant à l’expert en ultra-trail, en passant par les féminines et le sport adapté.
L’équipe d’organisation crée une atmosphère propre à l’épreuve, et des circuits renouvelés quasiment chaque année, magnifiant les Causses environnants. De fermes caussenardes en chaos karstiques, de rochers spectaculaires en villages reculés, c’est une plongée sauvage dans un environnement sauvegardé qui est proposée. La ferme du Cade, la croix de Paulhe, la Grotte du Hibou, les gorges de la Dourbie ou la Puncho d’Agast sont autant de hot spots inoubliables et légendaires des différents parcours.
Planifiée en fin de saison, souvent en même temps que le Grand Raid de La Réunion, la course des Templiers est l’occasion idéale pour finir l’année trail en beauté, au milieu de milliers d’autres passionnés.
Le Grand Trail du dimanche, l’évènement phare du week-end
L’épreuve phare, le Grand Trail des Templiers, longue d’environ 80 km et 3500 m de dénivelé positif, a fait la renommée de l’évènement. Tous les plus grands noms du trail d’hier et d’aujourd’hui ont inscrit cette épreuve à leur palmarès. On citera notamment le pionnier Patrick Renard (deux victoires), Gil Besseyre (deux victoires), Vincent Delebarre (deux victoires), le Népalais Dawa Sherpa, le Suisse Christophe Jaquerod (deux victoires), la Françaises Karine Herry, neuf fois vainqueur du Grand Trail des Templiers mais aussi de l’UTMB en 2006 et de la Diagonale des fous en 2006 et 2011.
Autre visage incontournable de l’épreuve : celui du Français Thomas Lorblanchet qui, avec quatre succès détient jusqu’à présent le record de victoires. On se souviendra notamment de son arrivée en 2011 pour la deuxième place derrière le Britannique Andy Symonds, main dans la main avec Thierry Breuil, ce dernier ayant pris le temps de revêtir les accessoires du Templier, à savoir épée, casque et bouclier après la dernière descente menant à l’arrivée.
A partir des années 2010 et au fur et à mesure de l’internationalisation du peloton, les stars étrangères viendront goûter aux charmes des Causses et livreront de rudes batailles avec les meilleures françaises et français.
Benoît Cori (deux victoires), Sébastien Spehler (deux victoires), Maud Gobert passeront la couronne de lauriers à l’Espagnole Nuria Picas (trois victoires), aux Néo-Zélandaises Ruth Croft et Caitlin Fielder, au Britannique Jonathan Albon (deux victoires), à la star américaine Jim Walmsley, lors de l'édition 2022, ou encore à Thomas Cardin, Pierre Livache, Julie Roux ou Camille Bruyas.
Resté farouchement indépendant, malgré la tentative d’approches de grandes sociétés d’événementiel sportif, l’évènement des Templiers reste aujourd’hui une affaire de famille, avec la présence depuis leur plus jeune âge des enfants d’Odile Baudrier et Gilles Bertrand, Anaïs et Kevin, ce dernier occupant le poste de co-directeur, et de Responsable des partenariats et du développement.
Les principales courses du Festival des Templiers
Le Grand Trail des Templiers - 80km/3500m D+
Le départ de Millau est unique et chargé en émotion dans la nuit noire, seulement éclairée par des fumigènes. Le peloton de 2500 coureurs s’étire au fil des kilomètres et notamment lors de la terrible bosse de Carbassas, large mais très pentue, qui hisse le peloton en haut du Causse Noir.
La course se poursuit via de belles pistes forestières en passant par Betpaumes, Le Sonnac et La Tour. Descente en surplomb vers Peyreleau au-dessus de la vallée du Tarn, avec la première section en monotrace et le premier ravitaillement, sous les applaudissements de plusieurs milliers de spectateurs.
Seconde grande difficulté : un cheminement le long de la Jonte pour rejoindre l'ermitage St-Michel, la chapelle de St-Jean-des-Balmes et le village caussenard de St-André-de-Vézines.
Puis cap au sud vers Montméjean, les falaises du Rajol, Roquesaltes et son emblématique arche, avant la remontée sur le Larzac : buis centenaires, monotraces en surplomb et passages très aériens au-dessus des corniches du Pompidou.
Les coureurs enchaînent avec la Vallée de la Dourbie, par les falaises de La Clapade, descendent le Roubelier vers Massebiau, puis final sur le Causse Noir.
Descente technique du CAF, ascension du nez rocheux de la Pouncho d'Agast par le Faux Monnayeur, grotte du Hibou, et enfin l'arche du bonheur et de la délivrance, à Millau.
L’Endurance Trail - 100 km / 4000 m D+
Trois causses sont donc au programme (Causse Noir, Causse Méjean et Larzac), et 3 vallées (la Dourbie, la Jonte et le Tarn). Ainsi que de nombreux petits villages caussenards et médiévaux : Peyreleau, Le Rozier, Le Truel, St-André-de-Vézines, Montméjean, La Roque Ste-Marguerite, Pierrefiche, Mas de Bru.
Il s’agit d’un parcours très varié où les monotraces s’imposent pour avoir le sentiment de se perdre dans un univers préservé.
Tout débute par une longue traversée du Causse Noir, soit 20 km pour « s’échauffer » ainsi que étaler parfaitement le peloton sans aucun ralentissement.
Le tracé évolue ensuite dans le site majestueux des gorges du Tarn puis par le Balcon du Vertige pour ensuite descendre sur le hameau du Truel dans la vallée de la Jonte. De là, une nouvelle section par La Planque puis la montée sur Espaliès avant de redescendre sur l’ermitage St-Michel.
On connecte ainsi avec le tracé de l’Intégrale pour cheminer rive gauche au sommet des falaises dominant la vallée de la Jonte sur un sentier très technique où les allures sont faibles même si le dénivelé est peu conséquent. Arrivé au fameux Champignon préhistorique, on met le cap sur le site historique de la chapelle de St-Jean-des-Balmes et le village accueillant de St-André-de-Vézines pour le quatrième ravito.
Dès lors, Montméjean est très vite rejoint, on grimpe à Roquesaltes puis c’est la descente technique de La Roque Ste-Marguerite par le ravin du Riou Sec. Puis cap sur Millau par les corniches du Larzac. Un final époustouflant même de nuit dominant la vallée de la Dourbie qu’il faut descendre et remonter à Massebiau pour rejoindre le Cade. Enfin descente désormais emblématique avec la grotte du Hibou.
Marathon des Causses 33 km / 1550 m D+
Un parcours équilibré mais parfois sauvage et technique pour ouvrir en grand la porte du trail, en rêvant de grandes aventures. Le Causse Noir n’aura plus de secret pour ceux qui vont s’élancer sur ce marathon évoluant au dessus de ces grandes falaises dominant les vallées, puis dans ces grandes forêts de résineux et par ces innombrables ravins qui entaillent ce plateau. De grandes pistes font ensuite la liaison pour cheminer sur les plus beaux sentiers techniques dominant la vallée du Tarn pour rejoindre le Roc Pointu et la belle descente sur la Cresse.
De là, belle remontée sur le plateau par le ravin de la Cresse et ces beaux passages dans les Canoles pour rejoindre les pistes forestières conduisant à Lauglanou pour plonger sur les corniches de la Dourbie, avec descente (sur Massebiau) et remontée technique (par le Rocher Troué). Inoubliable. Les pistes sont sablonneuses, rocailleuses, mais elles ne manquent pas de pièges, ni de technicité. Le Causse est roi, et c’est au trailer de le dompter. Très beau final tout en corniche, très aérien (sans danger) avec en toile de fond le Viaduc de Millau.
L’intégrale des Causses - 60 km / 2600 m D+
Le départ a lieu en plein cœur du très beau village de Peyreleau, bien connu des Templiers puisqu’il s’agit du premier poste de ravitaillement de la course du Grand Trail, si animé le dimanche de course. L’épreuve débute par une petite boucle au dessus du village pour étaler le peloton et aborder la belle piste longeant la Jonte en toute quiétude. Il faut profiter de ces deux kilomètres en fond de vallée pour admirer les formes géantes des falaises du Causse Méjean commençant à émerger dans la pénombre.
Puis on attaque la très connue montée sur l’ermitage St-Michel pour grimper sur le Causse Noir et ensuite emprunter le non moins célèbre sentier des corniches qui, une fois le jour levé, offre des panoramas exceptionnels sur la vallée de la Jonte. Au niveau du champignon préhistorique, la course met le cap sur St-André-de-Vézines par la chapelle de St-Jean-des-Balmes, via de belles pistes forestières où l’on retrouve une belle foulée de coureur.
On retrouve alors le circuit classique de cette Intégrale avec La Roujarie, St-André, Montméjean, Roquesaltes et la Roque, que du grand classique avant d’aborder la partie Larzac. Le final ne change pas avec une descente intégrale sur Massebiau par le ravin du Roubelier puis la montée au Cade et bien entendu le passage au sommet de la course, la Pouncho d’Agast avant de foncer sur l’arrivée en franchissant bien entendu la grotte du Hibou.
La Rock’Voizine - 50,5km / 1834 m D+
La petite nouvelle au programme de l’édition 2026. Dans l’esprit de l’Intégrale des Causses et du Marathon du Larzac, voici une troisième traversée proposée dans le cadre du Festival. A savoir une Intégrale du Causse Noir au départ du village de Saint-André-de-Vézines qui depuis seize ans accueille les Templiers avec un savoir faire bien caussenard. Trois sites remarquables seront au programme de cette Rock’Voizine relativement accessible avec un dénivelé acceptable et un profil légèrement plus sage que les autres distances des Templiers :
- Montméjean, les Falaises du Rajol et Roquesaltes
- Les falaises du Caoussou
- Les falaises de la Boffi et la fameuse Boîte aux Lettres.
En somme, le Causse Noir pur jus dans sa partie bien technique, entrecoupée de zones de transition par les pistes forestières reliant les sites de Montplo, le Maubert, Longuiers, le Monna, Lauglanou et comme descente finale celle de Carbassas.
Marathon du Larzac - 35km/1450 m D+
Le départ du Marathon du Larzac sera donné du hameau de La Salvage, véritable havre de paix, au pied de ce domaine caussenard et de la vieille église templière. Tout débute par une petite boucle effectuant le tour du domaine puis la course met le cap sur Pierrefiche. Ce circuit revient sur La Salvage où s’organise un ravitaillement. Puis il s’échappe dans une très belle descente dans le ravin de Laumet pour enchaîner par la montée aux corniches de La Clapade.
Lorsque l’on connecte avec le ravin de Font Longue, celui-ci se dévale jusqu’au sentier longeant la Dourbie sur 1,5 km pour rejoindre un vieux sentier communal grimpant à nouveau sur le Larzac par Grand Camp (350 m+). A la ferme de Mas de Bru, il faudra attaquer la descente sur Massebiau par le ravin du Roubelier.
Le final ne change pas avec la montée directe et sèche sur le Causse Noir en direction de la ferme du Cade (480 m+) et son désormais traditionnel ravitaillement installé dans la très belle bergerie. Puis direction sur la Pouncho, sa corniche et sa table d’orientation. Un bref coup d’œil, et c’est déjà l’heure de la célèbre descente vers Millau, avec passage dans la grotte du Hibou.
La Boffi Fifty - 46,5 km / 2005 m D+
Voilà une distance intermédiaire qui permet de se tester avant d’envisager passer sur l’Intégrale ou sur les Templiers. Attention, course au final très technique, très rustique, faible moyenne horaire, exige un bon niveau physique. L’épreuve qui ouvre le bal le samedi, emprunte le tracé du Marathon des Causses, facile et « courant », allongé d’une boucle très technique et très sauvage dans l’univers des grandes falaises majestueuses du Boffi.
Après deux kilomètres de route pour rejoindre le hameau de Carbassas, il faut grimper « fort » la côte permettant de se hisser au sommet du Causse Noir. De là, belle traversée du causse en direction du Nord pour basculer sur la pointe du Roc Pointu et sa descente technique dévalant sur le village de la Cresse.
On remonte ensuite par un vallon très encaissé avec au sommet des passages dans d’étroites canoles rocheuses. Revenu sur le plateau, ce sont de belles pistes forestières parfois sablonneuses qui sont offertes à ceux qui veulent allonger la foulée. Ça court, c’est facile, on prend du bon temps, on savoure…
Après Lauglanou, les coureurs se dirigent vers Longuiers puis les grandes falaises du Boffi dominant les Gorges de la Dourbie. C’est du haut vol avec des sentiers typiques des Grands Causses. Là, on change d’univers. C’est très très technique, c’est minéral, c’est sauvage. On évolue constamment sous les falaises. Il faut du pied.
Ça court mal et peu. Ça n’avance pas. Mais quel décor, quel terrain de jeu. Un parcours tracé pour les trailers qui aiment s’engager à fond dans du technique. Après avoir dévalé le ravin du Monna, on remonte ensuite à la ferme du Cade pour se ravitailler et s’engager dans un final classique, dans ce décor somptueux de la Pouncho d’Agast et son immense collerette rocheuse.
Et aussi :
La Monna Lisa - 31 km / 1200 m D+
Dourbie Formi – 23 km / 1230 m D+
La VO2 Trail - 17,8 km / 689 m D+
Les Troubadours - 13,2 km / 570 m D+
La Templière - 7, 7 km / 290 m D+
La Junior Trail - 17,8 km / 689 m D+
KD Trail – 7.7 km / 290 m D+
Kinder Trail
Course Sport adapté
Le palmarès du Grand Trail des Templiers
1995 | Patrick Renard (France) | Corinne Favre (France) |
1996 | Patrick Michel (France) | Annie Floris (France) |
1997 | Patrick Renard (France) | Karine Herry (France) |
1998 | Jérôme Trottet (France) | Karine Herry (France) |
1999 | Vincent Delebarre (France) | Karine Herry (France) |
2000 | Vincent Delebarre (France) | Ginette Moretto-Rumeau (France) |
2001 | Gil Besseyre (France) | Karine Herry (France) |
2002 | Gil Besseyre & Jérôme Trottet (France) | Karine Herry (France) |
2003 | Gil Besseyre (France) | Karine Herry (France) |
2004 | Olivier Bulle (France) | Karine Herry (France) |
2005 | Dawa Sherpa (Népal) & Christophe Jaquerod (Suisse) | Karine Herry (France) |
2006 | Gilles Guichard (France) | Karine Herry (France) |
2007 | Thomas Lorblanchet (France) | Béatrice Fanget (France) |
2008 | Thomas Lorblanchet (France) | Kenza Pedrero (France) |
2009 | Thierry Breuil (France) | Maud Gobert (France) |
2010 | Thomas Lorblanchet (France) | Isabelle Jaussaud-Grenier (France) |
2011 | Andy Symonds (Grande-Bretagne) | Maud Gobert (France) |
2012 | Fabien Antolinos (France) | Núria Picas (Espagne) |
2013 | Thomas Lorblanchet ((France) | Núria Picas (Espagne) |
2014 | Benoît Cori (France) | Núria Picas (Espagne) |
2015 | Benoît Cori (France) | Ellie Greenwood (Australie) |
2016 | Miguel Heras (Espagne) | Jasmin Nunige (Suisse) |
2017 | Sébastien Spehler (France) | Ruth Croft (Nouvelle-Zélande) |
2018 | Sébastien Spehler (France) | Azara García (Espagne) |
2019 | Course annulée | Course annulée |
2020 | Course annulée | Course annulée |
2021 | Jonathan Albon (Grande-Bretagne) | Ruth Croft (Nouvelle-Zélande) |
2022 | Jim Walmsley (USA) | Camille Bruyas (France) |
2023 | Jonathan Albon (Grande-Bretagne) | Julie Roux (France) |
2024 | Thomas Cardin (France) | Caitlin Fielder (Nouvelle-Zélande) |
2025 | Pierre Livache (France) | Caitlin Fielder (Nouvelle-Zélande) |
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