Montre GPS GARMIN Fenix 9 Pro : Test et avis
Fin août à Chamonix, lors de l’UTMB, GARMIN dévoilait ses nouvelles montre GPS Fenix 9 et Fenix 9 Pro. Sur le papier, la marque signifiait poursuivre sa montée en gamme. Plus raffinée, davantage tournée vers les matériaux premium et dotée d’un écran AMOLED particulièrement lumineux, cette nouvelle génération conserve l’ADN sportif de la famille fēnix tout en multipliant les fonctions connectées. Mais derrière cette évolution très aboutie se cache une concession qui ne passera pas inaperçue chez les traileurs : l’autonomie en suivi GPS recule par rapport à la génération précédente. Après plusieurs semaines d'utilisation, voici notre test et avis sur cette nouvelle montre-GPS connectée.
Au premier contact, la GARMIN FENIX 9 PRO affiche clairement ses ambitions. Pour la première fois, la gamme adopte un boîtier majoritairement en titane, associé à une conception mêlant métal et polymère grâce à une technologie de nano-moulage. Le résultat est à la fois plus raffiné et particulièrement robuste, caractéristiques historiques des montres Garmin.
Le modèle fait également la part belle aux matériaux destinés à supporter les contraintes du terrain. La visserie, le boîtier métallique, la protection du baromètre et le verre saphir participent à cette impression de solidité. Le choix du titane permet par ailleurs de limiter le poids tout en renforçant la résistance de l’ensemble. Le compromis entre légèreté et protection apparaît particulièrement pertinent pour une montre destinée à rester au poignet de son utilisateur pendant des heures, voire des journées entières.
Le bracelet en silicone, fourni sur le modèle en test, reste pour sa part très adapté à une utilisation sportive, avec une souplesse qui permet de conserver un bon confort lorsque le poignet est sollicité pendant plusieurs heures.
Une vraie montre connectée outdoor
La GARMIN FENIX 9 PRO ne se contente plus d'être une montre de sport. Elle assume pleinement son statut de smartwatch outdoor. La lampe torche LED intégrée gagne notamment en polyvalence avec l'ajout d'un éclairage vert, en complément du blanc et du rouge. Pour les sorties nocturnes, cette fonction peut éviter de sortir systématiquement une lampe pour certaines manipulations ou déplacements courts.
La montre permet également de passer et recevoir des appels téléphoniques en Bluetooth et intègre le paiement sans contact. Elle embarque par ailleurs un thermomètre, un capteur cardio optique, un oxymètre de pouls, une boussole, un gyroscope, un accéléromètre, un profondimètre, un électrocardiogramme et une puce GPS.
Cette accumulation de capteurs et de fonctions explique aussi le positionnement très haut de gamme de la GARMIN FENIX 9 PRO. Elle cherche à réunir dans un même boîtier la montre de sport, l'outil de navigation et la montre connectée du quotidien.
L’écran gagne en lisibilité
La version testée proposait la technologie AMOLED (pourActive-Matrix Organic Light-Emitting Diode) , devenue l’un des marqueurs forts des dernières générations de montres haut de gamme Garmin. Avec jusqu’à 3000 nits de luminosité, l’écran de GARMIN FENIX 9 PRO est annoncé comme le plus lumineux jamais proposé par la marque.
Sur le terrain, cette luminosité apporte surtout un gain évident de confort pour consulter une donnée, une carte ou un itinéraire. Les informations sont nettes et immédiatement identifiables, y compris lorsque la lumière ambiante est importante. L’écran tactile complète les commandes physiques et vocales, et permet de naviguer plus facilement dans les différents menus ou sur la cartographie.
Pour un traileur, l’intérêt de l’AMOLED ne se limite donc pas à l’aspect esthétique. La lisibilité des données et de la cartographie constitue un véritable élément de confort lorsqu’il faut consulter rapidement sa montre en courant.
Une cartographie plus fluide
La cartographie fait justement partie des secteurs dans lesquels cette génération progresse. L’affichage apparaît plus fluide et le stockage interne double de capacité, passant de 32 à 64 Go. Cette capacité supplémentaire prend tout son sens pour une montre destinée à embarquer des cartes et de nombreux itinéraires.
La navigation bénéficie également de fonctions permettant de recalculer un itinéraire lorsque l’on s’écarte du tracé initial. Une possibilité particulièrement intéressante en trail, où une erreur de bifurcation, un sentier impraticable ou une modification du parcours peuvent rapidement obliger à improviser et à s’adapter.
La montre peut par ailleurs être associée à différents capteurs externes, notamment une ceinture ou un brassard cardio-fréquencemètre, puisque l’on sait que le cardio optique sur ce type de montres n’est souvent pas des plus fiables.
Quatre modes pour le suivi GPS
La GARMIN FENIX 9 PRO propose quatre nouvelles configurations de suivi GPS : optimisation de la précision, standard, autonomie longue durée et optimisation de la batterie. La montre est compatible avec les systèmes GPS, GLONASS, Galileo, QZSS et BeiDou, avec prise en charge des bandes L1 et L5.
Le mode privilégiant la précision repose désormais sur la fonction SatIQ, qui sélectionne automatiquement le mode satellite le plus adapté à l’environnement. C’est efficace dans une logique d’optimisation automatique, mais cela constitue aussi une petite contrainte pour les utilisateurs qui souhaitent conserver en permanence une configuration précise et parfaitement maîtrisée. Il n’est ainsi plus possible de forcer systématiquement une configuration « tous systèmes + multibandes » lorsque l’on souhaite privilégier la précision maximale.
Pour un traileur, la différence peut être importante. En terrain ouvert, le mode standard peut largement suffire. En revanche, lorsque le parcours plonge dans un sous-bois dense, longe des falaises ou traverse des vallées encaissées, la précision du positionnement devient beaucoup plus stratégique.
L’autonomie, le principal point de discussion
C’est probablement sur ce terrain de l’autonomie, important s’il en est en trail, que la GARMIN FENIX 9 PRO laisse le plus de place à la discussion. En mode GPS normal, la version 47 mm AMOLED annonce jusqu’à 32 heures d’autonomie, contre 38 heures pour la fēnix 8 Pro AMOLED de même diamètre. La baisse atteint donc environ 16%. En mode multibande, l’écart reste significatif : 26 heures contre 30 heures précédemment, soit environ 13% de moins.
La situation est paradoxale puisque l’autonomie en mode montre connectée progresse, passant de 15 à 18 jours. Mais cette donnée intéressera finalement assez peu le traileur qui choisit une fēnix avant tout pour ses capacités sportives et sa navigation.
Pour un ultra de plus de 24 heures réalisé avec un suivi multibandes, la question devient concrète. Selon la durée de l'épreuve, il peut être nécessaire de prévoir une recharge plus tôt que sur la génération précédente ou de privilégier un mode GPS moins énergivore. Un choix qui peut avoir une incidence sur la précision du positionnement dans les environnements les plus difficiles. La GARMIN FENIX 9 PRO améliore donc son endurance lorsqu'elle reste en mode montre connectée, mais elle ne suit pas la même trajectoire lorsqu'un suivi GPS est activé.
Stamina fait peau neuve
Parmi les nouveautés davantage orientées vers l'entraînement, Garmin a également revu son indice Stamina. Celui-ci cherche à matérialiser, pendant l'effort, la manière dont la réserve d'énergie diminue au fil de l'exercice.
Garmin Connect introduit parallèlement un nouveau menu consacré à « Endurance et Stamina ». Il permet notamment de visualiser sous forme de courbe une estimation de la durée pendant laquelle différentes allures peuvent être maintenues.
Cette approche apporte une lecture supplémentaire de l'effort, complémentaire des traditionnelles données de fréquence cardiaque, d'allure ou de puissance. Elle peut notamment trouver sa place dans la préparation et le suivi des efforts longs, même si son intérêt dépendra naturellement de la manière dont chacun utilise ces données.
Un positionnement clairement premium
Le prix confirme cette montée en gamme. La fēnix 9 Pro est proposée à 1149,99 euros en taille 43 et 47 mm, et à 1249,99 euros en 51 mm, sans technologie inReach. Cette fonction permet notamment de partager sa position en temps réel même hors couverture réseau, et d’appeler les secours en cas de besoin. Il faut ajouter 100 euros et un abonnement mensuel pour en bénéficier. La note commence à être salée.
POINTS CLÉS DE LA GARMIN FENIX 9 PRO
Format compact de 43 mm : Un boîtier en titane d’environ 62 g, particulièrement adapté aux poignets fins et aux coureurs qui recherchent une montre moins encombrante.
Cartographie et navigation : Cartes TopoActive, navigation au poignet, suivi de parcours, TracBack et fonction ClimbPro pour visualiser les ascensions à venir et mieux gérer son effort.
Un arsenal complet pour le trail : VO2 Max spécifique au trail, Stamina en temps réel, score de montée et allure ajustée à la pente permettent d’affiner la gestion de l’effort en terrain vallonné ou montagneux.
Un véritable outil d’entraînement running : Charge et statut d’entraînement, récupération, préparation à l’entraînement, statut VFC, VO2 Max, puissance de course, prédicteur de course et suggestions quotidiennes.
Analyse avancée de la foulée : Running Tolerance pour mieux suivre la charge de course et Running Economy pour analyser l’efficacité de la foulée, cette dernière nécessitant un accessoire compatible.
Autonomie à surveiller sur les ultras : Jusqu’à 10 jours en mode montre connectée et 18 heures en activité GPS selon Garmin. Le format 43 mm privilégie le confort et la compacité, mais implique une autonomie inférieure aux versions plus grandes de la gamme.
Une fēnix pensée pour la polyvalence : Elle réunit suivi d’entraînement, navigation, fonctions outdoor, santé et smartwatch dans un format suffisamment compact pour être portée au quotidien comme à l’entraînement.
NOTRE AVIS SUR LA GARMIN FENIX 9 PRO
Avec la fēnix 9 Pro, Garmin ne révolutionne pas sa montre outdoor : la marque affine une formule déjà largement éprouvée. Mais l'évolution est significative sur plusieurs points. Le boîtier en titane, le verre saphir, la qualité de fabrication, l'écran AMOLED particulièrement lumineux, les 64 Go de stockage, la cartographie plus fluide et l'enrichissement des fonctions de navigation et d'entraînement renforcent encore le caractère premium de l'ensemble. Le principal bémol concerne l'autonomie en activité GPS, en recul par rapport à la fēnix 8 Pro. Une évolution qui peut sembler secondaire au quotidien, mais qui prend une tout autre dimension lorsque l'on s'engage sur un ultra de plusieurs dizaines d'heures.