Comment choisir ses chaussures de trail ?

Comment choisir ses chaussures de trail ?

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Par La rédaction

Publié le dim. 21 juin 2026

Mis à jour le dim. 21 juin 2026

Le marché de la chaussure de trail est une forêt vierge : dense, foisonnante, diversifiée. Choisir la paire qui offrira un cocon à la fois confortable et performant à vos pieds est devenu une mission complexe. Sur quels critères s’appuyer pour sélectionner le modèle idéal ? Dans ce premier volet, zoom sur le confort, le maintien, l’accroche, l’adhérence et la protection.

En trail, comme dans toutes les disciplines de course à pied, les chaussures occupent une place centrale dans la panoplie de l’athlète. Elles sont les seules pièces d’équipement en contact direct avec le terrain, celui-ci étant souvent accidenté, voire agressif. Cailloux, boue, herbe, racines, poussière, graviers, bitume : la diversité des chemins est l’une des caractéristiques principales du trail et les marques de chaussures s’efforcent de répondre aux attentes des coureurs, à la fois en spécialisant les modèles et en proposant toujours plus de « technologies embarquées ».

Avant de détailler les différents critères de choix, il est essentiel de comprendre qu’il n’existe pas LA paire idéale et universelle. Chaque coureur est unique physiologiquement (forme du pied, poids, type de foulée…), a sa propre pratique (fréquence d’entraînement, terrains plus ou moins techniques, distances courues…) et a des préférences différentes. Un modèle parfait pour l’un peut paraître inconfortable à un autre. Néanmoins, pour trouver la paire qui vous convient le mieux à l’instant T (vos préférences, votre pratique et votre pied peuvent évoluer), quelques critères méritent d’être examinés. 

Critère n°1 : le confort

C’est la priorité absolue ! Le pire pour un coureur à pied, c’est d’avoir mal aux pieds. Dès l’essayage, il est important d’éprouver un réel confort dans le chaussant. Ceci dit, il existe des exceptions : certains modèles peuvent se révéler assez raides de prime abord, ou provoquer des frottements lors des premières sorties, puis s’assouplir et devenir très confortables. Mais ce sont des cas très isolés qu’il convient d’identifier, notamment grâce aux tests réalisés par les médias ou aux retours d’expérience que vous donneront les boutiques spécialisées. 

Critère n°2 : le maintien

L’une des qualités importantes d’une chaussure de trail est le maintien du pied. Si le pied doit conserver une certaine liberté pour travailler correctement, il ne doit pas pour autant glisser d’avant en arrière ou de droite à gauche. Sur les terrains techniques, le manque de maintien conduit à de l’instabilité et à un manque de confiance, au pire à une entorse. Le fit (largeur, forme) et le laçage permettent d’ajuster la précision du maintien. Les systèmes de laçage de type Quicklace® Salomon ou Boa® permettent un réglage hyper précis sans desserrage au fil des kilomètres. Un maintien optimal offre une tenue de pied rassurante, permet des appuis sûrs et précis et ne comprime pas le pied. 

Critère n°3 : l’accroche

Elle est apportée par ce que l’on appelle le grip, autrement dit par le cramponnage (densité, forme et placement des crampons). Plus les crampons sont profonds, plus ils offrent une accroche performante dans la boue, tandis que des crampons plus petits sont généralement plus adaptés aux terrains secs. Il faut aussi tenir compte des qualités de débourrage (évacuation de la boue) car une semelle qui ne décharge pas la terre n’accroche plus… et devient un sacré poids à transporter ! 

Critère n°4 : l’adhérence

C’est le critère clé pour les terrains humides. L’adhérence est la capacité d’une semelle à tenir sur des surfaces mouillées, par exemple un rocher lessivé par la pluie. Lors d’un essayage en magasin, l’adhérence peut difficilement être testée, mais les tests disponibles dans la presse spécialisée peuvent apporter des réponses. Les coureurs qui évoluent principalement sur des chemins forestiers, peu caillouteux et peu glissants ont intérêt à se concentrer sur le confort et l’accroche, pas nécessairement sur l’adhérence.

Critère n°5 : la protection

Le trail en milieu montagnard confronte le coureur à des terrains parfois agressifs. Les chaussures doivent alors être renforcées afin de protéger le pied. Plusieurs zones de la chaussure méritent de l’attention si l’on court régulièrement en montagne :

  • Le pare-pierre à l’avant, souvent constitué d’un empiècement en plastique plus ou moins épais

  • Les renforts latéraux, souvent composés d’une enduction plastique

  • Le renfort au talon, généralement assez rigide

  • La semelle, dont l’épaisseur et l’amorti entraînent une filtration du terrain plus ou moins importante

Sans être un bulldozer, une chaussure de trail doit permettre de crapahuter dans un pierrier sans craindre de se faire mal aux pieds. Selon la pratique, on doit – ou non – s’intéresser à la protection. Des itinéraires roulants, sur chemins forestiers, ne nécessitent pas de protection élevée. 

Critère n°6 : l’amorti

C’est l’un des critères les plus personnels. On trouve de tout sur le marché de la chaussure de trail : du minimalisme (barefoot), du maximalisme (oversize), des plaques en carbone, des lames en carbone, des gels, de l’air, des mousses super-résilientes… Les technologies développées par les marques sont si nombreuses qu’on est vite perdu. Un conseil : ne cédez pas aux modes et écoutez avant tout vos propres préférences !

Les coureurs qui aiment sentir le terrain ont tout intérêt à choisir un amorti plutôt faible. En revanche, un trailer qui a besoin de se sentir isolé du sol se tournera plutôt vers un amorti plus important, ou plus filtrant (un amorti faible peut aussi gommer presque totalement le terrain). Sensation de rebond, déroulé plus ou moins facile, accueil moelleux ou ferme… chacun doit se faire sa propre idée de ce qui lui convient le mieux. Plus vous essaierez de modèles différents, plus vous pourrez affiner vos préférences. N’hésitez pas à enfiler plusieurs paires aux profils variés pour éprouver différentes sensations. 

Critère n°7 : le drop

Le drop désigne l’écart de hauteur entre le talon et l’avant-pied. La mouvance minimaliste prône un drop égal à zéro afin de permettre une foulée naturelle, le pied étant alors à plat comme si l’on était pied nu. La plupart des chaussures propose cependant un drop entre 4 et 8 millimètres. Outre des sensations différentes, il faut savoir qu’un drop faible étire davantage le mollet et le tendon d’Achille. Attention si vous êtes sensible de ce côté-là ! Quelle que soit votre pratique, tout passage à un drop plus faible doit être progressif (plusieurs semaines, voire plusieurs mois).

Attention à ne pas confondre le drop et le stack ! Ce dernier désigne la hauteur de la semelle au talon, autrement dit la mesure qui sépare votre pied du sol. Le stack correspond à l’empilement de la semelle extérieure, des mousses de l’amorti et de la semelle de propreté (intérieure). On peut tout-à-fait avoir un drop zéro mais un stack élevé. 

Critère n°8 : le poids

En trail, les chaussures affichent un poids souvent plus élevé qu’en running sur route car elles sont plus renforcées. Néanmoins, comme dans de nombreuses disciplines, les marques s’efforcent de limiter ce poids car on sait que la masse portée au bout des membres (qu’il s’agisse des pieds ou des mains) accroît la dépense énergétique. Si le poids peut constituer un critère de choix légitime, il ne doit cependant pas être complètement rédhibitoire. Essayez, ressentez et faites-vous votre propre avis sans trop vous préoccuper du poids affiché : parfois, on éprouve une sensation de légèreté d’un modèle alors qu’il est plus lourd que d’autres ! 

Critère n°9 : la pointure

Sur les parcours accidentés, le pied bouge beaucoup dans la chaussure. En descente, il avance dans le chaussant. Ceux qui ont déjà fait l’erreur de prendre une pointure trop ajustée le savent : ne pas prendre de marge conduit vite aux ongles noirs ! Il est généralement conseillé de choisir une pointure au-dessus de sa taille habituelle afin d’avoir un espace suffisant à l’avant pour éviter les micro-traumatismes causés aux orteils pendant les descentes.

Attention, les pointures, bien qu’étant théoriquement universelles, varient d’une marque à l’autre ! Il faut toujours essayer une chaussure avant de l’acheter et passer la pointure supérieure ou inférieure à celle que l’on estime être la bonne : on peut ainsi comparer et choisir celle qui convient vraiment le mieux.

Critère n°10 : le prix

Le tarif est trompeur car ce n’est pas toujours la chaussure la plus chère qui est la plus adaptée, la plus solide ou la plus performante. Évidemment, le prix reste un critère de choix central, surtout si l’on n’a pas un budget illimité. Si une réelle inflation caractérise le marché de la chaussure de running depuis quelques années, notamment avec le bond spectaculaire engendré par l’arrivée du carbone, gardez à l’esprit que ce n’est pas la chaussure la plus technologique qui vous fera courir plus vite.

Certaines grandes enseignes de sport ont développé une réelle expertise en chaussures de trail et proposent des modèles vraiment intéressants à des prix très concurrentiels. Pensez aussi à profiter des soldes et à écumer les petites annonces pour dénicher une paire d’occasion. Attention toutefois à l’état d’un produit de seconde main car les mousses se dégradent rapidement.

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