Interview de Sylvain Cachard avant l'OCC de l'UTMB 2026 : « Comme un enfant devant le sapin de Noël »

LB
Par Luc Beurnaux

Publié le mer. 26 août 2026

Mis à jour le mer. 26 août 2026

Interview de Sylvain Cachard avant l'OCC de l'UTMB 2026 : « Comme un enfant devant le sapin de Noël »
© Alanis Duc/FFA

Le Français Sylvain Cachard (HOKA et ALLTRICKS) sera l’un des favoris de l’OCC, demain, dont le départ sera donné à 8h15 depuis Orsières (Suisse). Le Grenoblois revient en forme au bon moment, après un début de saison compliqué par une blessure au pied qui l'aura contraint à s'arrêter durant quatre mois. Un mal pour un bien, puisque tous les voyants semblent au vert pour l’intéressé, 17e de cette épreuve en 2024, et qui devra affronter un plateau très dense sur ces 60 km et 3500 m D+. Interview en direct de Chamonix.

Sylvain, dans quel état d’esprit et de forme arrivez-vous à Chamonix pour cette OCC de l’UTMB 2026 ?

Je me sens bien, même si ma première partie de saison a été difficile. Quand on est blessé, on ne peut pas courir, et on souffre aussi du lever au coucher. Même si j'ai d'autres choses dans ma vie, c'est quand même cool quand je peux courir tous les jours, et faire ce que je veux. Donc c'est vrai que depuis mi-juin, date où je peux recourir, c'est un kiff.

Je suis donc dans une bonne dynamique, et dans un bon état d’esprit à l’heure d’aborder cette OCC. Sierre-Zinal m'a fait énormément de bien (12e place). C’était un bon essai, on va dire, pour voir où j’en étais, du point de vue du rythme de course. Maintenant il va falloir transformer cet essai. Mais ce résultat à Sierre-Zinal m'a fait beaucoup de bien moralement, et ça m'a permis aussi de valider tout ainsi que j'avais fait à l'entraînement.

Pensez-vous faire mieux qu’en 2024 ?

Depuis Sierre-Zinal, les séances d’entraînement ont été très encourageantes. J'ai fait des super sorties avec un copain, chez moi, en Chartreuse. L’échéance de l’OCC, c’est à la fois de la crainte, car ça va être 60 km contre les meilleurs mondiaux, et à la fois de l’excitation. Ce n’est pas trop dans mon style d'avoir de l'ambition, mais je suis plus dans une dynamique où je sais que tout s'est bien passé. Je suis un peu comme un enfant au pied du sapin de Noël. Il y a des cadeaux, mais je ne sais pas ce qu’il y aura dedans. Mais j'ai quand même des sensations sympas, que je n’avais jamais plus eues depuis un certain temps.

© HOKA

Comment allez-vous appréhender cette course ?

Comme un long contre-la-montre. On a beau dire que le trail, c’est un départ en masse, mais tout le monde est en contre-la-montre. On est juste chacun avec nous-mêmes. Ce n’est pas comme une course de vélo. Je compte vraiment partir sur mon allure. Et j'ai fait assez de séances pour la connaître et la maîtriser. Et puis, je sais que si j'arrive à la tenir tout le long, ça devrait déboucher sur quelque chose de pas mal… Je vais faire ma course, et me faire plaisir autant que mes sensations me le permettent.

D’habitude, après Sierre-Zinal, vous connaissez un coup de moins bien. Pas cette année ?

Non, parce que d’habitude, j’aborde Sierre-Zinal comme un objectif. C’était le cas en 2023 et en 2024. En 2022, Sierre-Zinal, ce n’était pas fou, car il y avait les Europe… Et du coup, c'est vrai qu'après, je suis arrivé à l'OCC un peu en dilettante. En 2025, il y a eu le mondial, qui reste ma course référence à ce jour… (neuvième en individuel). En fait, quand je vise une compétition, je parviens toujours à bien y performer. Cette année j’ai fait très peu d’affûtage pour Sierre-Zinal, qui n’était pas vraiment un objectif. Or là, depuis 10 jours, je ne fais rien, et ça commence à être long.

Vous dites souvent que vous basez vos courses davantage sur les intentions que sur les performances. Qu’est-ce que cela signifie ?

Quand tu es tout seul dans la montagne, il n'y a rien qui compte plus que l'intention. Le résultat, on n’y pense pas. Je pense que c'est l'erreur du débutant que de penser au résultat avant tout. Et sur ce plateau de l’OCC, très peu de personnes feront cette erreur, parce que nous sommes tous des athlètes expérimentés. Personne ne voudrait donner sa place, et tout l'argent du monde ne vaudra jamais l'effort qu'on va mettre demain à 200%.