Strava dresse le portrait d’un trail français en pleine expansion entre 2025 et 2026

LR
Par La rédaction

Publié le mar. 25 août 2026

Mis à jour le mar. 25 août 2026

Strava dresse le portrait d’un trail français en pleine expansion entre 2025 et 2026

Les nouvelles données publiées par Strava sur le trail dressent le portrait d’une discipline en pleine expansion en France. Plus nombreux, plus actifs et de plus en plus féminins, les pratiquants investissent désormais le trail bien au-delà du cercle des coureurs de montagne aguerris.

Le trail français continue de gagner du terrain. Et les chiffres publiés par Strava à l’approche des grands rendez-vous de la saison viennent confirmer une tendance déjà bien installée : la discipline séduit un public toujours plus large et s’intègre progressivement dans la pratique régulière des coureurs.

Sur les dix semaines précédant la période phare du trail en 2026, le nombre d’athlètes ayant enregistré une activité de trail en France a progressé de 11,4 % sur un an, par rapport à la même période de 2025. Un indicateur intéressant car il mesure moins l'effet d'un événement ponctuel que la dynamique de fond de la communauté. Et lorsque l’on élargit la focale, la progression apparaît encore plus spectaculaire.

+69 % d’utilisateurs en un an

Entre 2024 et 2025, le nombre d’utilisateurs Strava ayant enregistré au moins une sortie trail en France a augmenté de 69 %. Dans le même temps, le volume d’activités de trail enregistrées a bondi de 160 %. Deux chiffres qui racontent une évolution importante de la discipline : le trail ne gagne pas seulement de nouveaux pratiquants, il génère également davantage de sorties.

La dynamique semble d’ailleurs se poursuivre en 2026. À environ deux semaines de la période phare de la saison, le volume cumulé de coureurs enregistré depuis le début de l’année représentait déjà 95 % du volume annuel observé en 2025. Le nombre d’activités atteignait quant à lui 69 % du total annuel de 2025, alors que plusieurs mois restent encore à comptabiliser. Autrement dit, la saison 2026 est loin d’avoir livré tous ses kilomètres.

Le trail ne se résume plus à l’ultra alpin

C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants de ces données. Si l’imaginaire du trail reste fortement associé aux grands massifs et aux longues distances, la pratique observée sur Strava dessine un tableau beaucoup plus accessible.

En 2026, une sortie trail moyenne enregistrée en France représente 9,8 kilomètres pour 182 mètres de dénivelé positif. Des chiffres qui rappellent que le trail pratiqué au quotidien est souvent éloigné des formats de 50, 80 ou 100 kilomètres qui occupent le devant de la scène médiatique.

Plus révélateur encore : 50 % des sorties du traileur français moyen sont des sorties trail. La discipline semble donc de plus en plus intégrée à l'entraînement courant, plutôt que réservée à une préparation spécifique en vue d'une course.

Le phénomène traduit une forme de banalisation du trail. Courir sur les chemins, chercher du dénivelé et alterner les terrains devient progressivement une composante ordinaire de l'entraînement, y compris pour des coureurs qui ne se destinent pas nécessairement aux longues distances.

Les femmes accélèrent

Autre signal fort : la féminisation de la discipline. Entre 2024 et 2025, les utilisatrices Strava ont enregistré 83 % de sorties trail supplémentaires en France. À l’échelle mondiale, le nombre de sorties enregistrées par les femmes a même doublé sur la même période.

La croissance du trail passe donc aussi par l’élargissement de son public. Là encore, les données invitent à dépasser l’image traditionnelle d’une discipline essentiellement masculine, montagnarde et orientée vers l’endurance longue. Cette progression féminine constitue l’un des marqueurs les plus significatifs de la transformation actuelle du trail.

Rhône-Alpes en tête, mais la Bretagne s’invite sur le podium

Sans surprise, les territoires alpins restent au cœur de l’activité. La région Rhône-Alpes concentre 15,3 % des activités trail enregistrées en France en 2026, devant l’Île-de-France, à 12,8 %. Mais la troisième place mérite d’être soulignée : la Bretagne représente 10,8 % des activités, devant les Pays de la Loire (9,5 %) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (7,1 %).

Ce classement rappelle une nouvelle fois que le trail français ne se construit pas uniquement dans les Alpes. L’Île-de-France, pourtant dépourvue de grands sommets, occupe ainsi la deuxième place, tandis que la Bretagne complète le podium. Le dénominateur commun n’est donc pas nécessairement l’altitude. C’est aussi la possibilité de disposer d’un terrain suffisamment varié pour intégrer le chemin et le dénivelé à une pratique régulière.

Chamonix reste le laboratoire de la haute montagne

La croissance nationale ne fait toutefois pas disparaître l’attractivité des grands terrains historiques du trail. À Chamonix, les cinq montées emblématiques étudiées par Strava affichent toutes une progression de leur volume d’effort par rapport à la même période de 2025.

La hausse atteint 25,8 % sur Top Chairlift → Jonction et 25,6 % sur le Chamonix KMV. Le segment Col des Montets – La Flégère progresse de 17,4 %, celui du Plan de l’Aiguille de 12 %, tandis que la montée vers le refuge de La Floria augmente encore de 4,2 %.

Au total, le volume d’effort cumulé sur ces cinq segments a progressé de près de 15 % en un an. Un indicateur qui confirme le statut particulier de Chamonix dans l’écosystème du trail : alors que la pratique se démocratise partout en France, les terrains alpins emblématiques continuent eux aussi de voir affluer davantage de coureurs.

Une croissance qui change le visage du trail

Pris dans leur ensemble, ces chiffres dessinent donc une évolution à plusieurs niveaux. Le trail attire davantage de pratiquants, ces derniers enregistrent davantage de sorties et la discipline gagne du terrain auprès des femmes. Dans le même temps, les caractéristiques des sorties montrent que la croissance ne repose pas uniquement sur la multiplication des candidats à l’ultra-trail.

Avec une sortie moyenne de 9,8 km et 182 m de D+, le trail du quotidien est avant tout une pratique relativement courte, accessible et compatible avec un entraînement régulier. C’est sans doute là que se situe l’enjeu majeur des prochaines années. Les grands événements continueront de constituer les vitrines de la discipline et de nourrir son imaginaire. Mais la véritable croissance du trail se joue aussi, et peut-être surtout, sur les sentiers ordinaires : ceux que l’on emprunte pour une sortie d’entraînement, sans dossard et sans chrono.

Les données Strava montrent en tout cas que le mouvement est loin de ralentir. À l’approche du grand pic de la saison, le trail français n’est plus seulement une discipline de spécialistes : il devient une composante à part entière de la pratique running.

Les chiffres clés publiés par Strava

• +11,4 % : C'est la progression du nombre d'athlètes français ayant enregistré une activité de trail au cours des 10 semaines précédant la période phare de la saison, par rapport à 2025.

• +69 % : Hausse du nombre d'utilisateurs ayant enregistré une sortie trail en France entre 2024 et 2025.

• +160 % : Progression du nombre total d'activités de trail enregistrées en France sur la même période.

• 95 % : Depuis le début de l'année 2026, le volume de coureurs ayant enregistré une activité trail représente déjà 95 % du volume enregistré sur l'ensemble de 2025, alors que plusieurs mois restent encore à venir.

• 83 % : C'est la hausse du nombre de sorties trail enregistrées par les utilisatrices Strava en France entre 2024 et 2025. À l'échelle mondiale, leur nombre a été multiplié par deux.

• 9,8 km / 182 m : C'est le profil moyen d'une sortie trail enregistrée en France en 2026. Et contrairement aux idées reçues, 50 % des sorties du traileur français moyen sont des sorties trail, illustrant l'intégration de cette pratique dans les entraînements réguliers.