Les résultats de la 25e édition du Trofeo Nasego 2026
Le Trofeo Nasego, disputé entre Casto et Famea, en Lombardie (Italie), s’est imposé comme une référence du calendrier international de course en montagne. L’épreuve a notamment accueilli les Championnats d’Italie, ainsi que plusieurs étapes de Coupe du monde comme encore cette année, pour la 13e étape du circuit 2026. Le plateau était à la hauteur de cette réputation, réunissant des champions du monde et d’Europe en titre ou anciens titrés, des vainqueurs et leaders de la Coupe du monde, mais aussi une nouvelle génération d’athlètes désireux de se faire un nom sur la scène internationale.
Long de 21,5 km et 1300 m D+, le parcours du Trofeo Nasego offre une grande variété de terrain aux coureurs. La principale difficulté est constituée par une ascension de plus de 700 m de dénivelé positif, entre Ponte Vrenda et le Rifugio Nasego, situé à 1300 m d’altitude.
Cette montée débute au dixième kilomètre et devient progressivement plus raide jusqu’au refuge, au seizième kilomètre. Les dix premiers kilomètres, relativement rapides et vallonnés, disputés sur de bons sentiers, peuvent permettre de créer les premiers écarts. Mais le profil change complètement lorsque les coureurs abordent cette longue ascension régulière. Si cette montée favorise naturellement les spécialistes du dénivelé positif, les quatre derniers kilomètres de descente, avec plusieurs passages techniques jusqu’à l’arrivée à Famea, peuvent permettre à d’autres profils de faire la différence, ou leur retard.
Pour s’imposer sur le Trofeo Nasego, il faut être complet, capable d’aller vite sur les portions roulantes, de grimper efficacement et de maîtriser les descentes techniques.
Un quintuplé kenyan chez les hommes
Deux favoris se détachaient clairement au départ : les Kenyans Patrick Kipngeno et Philemon Kiriago, tous deux déjà vainqueurs de l’épreuve au cours des quatre dernières années. Mais la concurrence était particulièrement relevée, avec notamment les coureurs italiens.
Kipngeno abordait cette édition avec le statut de détenteur du record du parcours, établi en 2022, en 1h30’46. Restait à savoir si cette marque allait résister face à une concurrence aussi relevée.
Kiriago décidait de prendre rapidement les choses en main et s’installait en tête. Au sixième kilomètre, à Piani di Alone, il devançait son compatriote kenyan Elija Kamau Kariuki, ’une des révélations de cette saison de Coupe du monde, tandis qu’un autre Kenyan, Michael Selelo Saoli, occupait la troisième place.
Au point de passage de Pannelli, au onzième kilomètre, juste avant le début de la grande ascension vers le Rifugio Nasego, le top 5 restait inchangé et les écarts étaient minimes. Comme attendu, la décision allait se jouer dans la montée… puis dans la descente.
À l’arrivée au Rifugio Nasego, Kipngeno, alors en cinquième position, avait placé son accélération et n’accusait plus que quelques secondes de retard sur la leader Kiriago. Paul Machoka, autre kenyan, avait également progressé pour s’installer en cinquième position.
Au début des quatre kilomètres de descente, une minute séparait les trois premiers, laissant ouvert le champs des possibles.
Finalement, Philemon Kiriago franchissait le premier la ligne d’arrivée à Famea. Le Kenyan s’imposait en 1h30’08, améliorant de 38 secondes le précédent record du parcours détenu par Kipngeno. Celui-ci conservait la deuxième place, tandis que le triomphe kenyan était complété par la troisième place de Michael Saoli, qui résistait au retour de Elijah Kariuki et Paul Machoka pour conserver la troisième marche du podium.
Le Français Maël Henric (Salomon) parvient à se glisser à la dixième place en 1h39’05, Théodore Klein à la douzième, Corentin Capelier à la treizième., Mathieu Le Fur à la 18e, Jules Barriod à la 24e.
TOP 5 HOMMES
1 - Philemon Kiriago (Kenya) : 1h30’08
2 - Patrick Kipngeno (Kenya) : 1h31’10
3 - Michael Saoli (Kenya) : 1h32’13
4 - Elijah Kariuki (Kenya) : 1h 33’11
5 - Paul Machoka (Kenya) : 1h34’43
La championne du monde Nina Engelhard doit s’incliner
Chez les femmes, la Kenyane Ruth Mwihaki Gitonga, leader de la Coupe du monde, semblait difficile à battre, puisqu’elle avait remporté toutes les courses de format Classique auxquelles elle avait participé cette saison. Mais elle devait cette fois faire face à l’Allemande Nina Engelhard, championne du monde en titre de la discipline, en devançant justement la Kenyane.
Le duel promettait donc d’être particulièrement intéressant, d’autant que le plateau était très relevé, avec notamment la double vainqueure autrichienne Andrea Mayr, la Britannique Kirsty Skye Dickson et les Kenyanes Miriam Chepkirui, Joyce Muthoni Njeru et Gloria Chebet.
Gitonga prenait rapidement les commandes. Au sixième kilomètre, à Piani di Alone, Engelhard était la principale poursuivante, tandis que Chepkirui, Njeru et Chebet complétaient le top 5.
À l’approche de la grande ascension, au point de passage de Pannelli, au onzième kilomètre, le quinté de tête restait inchangé, même si Chebet avait pris l’avantage sur Njeru.
La veille, sur la course Verticale, Engelhard avait montré qu’elle avait retrouvé toute sa puissance en montée, après une blessure. L’Allemande semblait donc disposer d’un atout majeur pour cette partie du parcours. Et cette ascension allait effectivement bouleverser la hiérarchie.
Gitonga atteignait la première le Rifugio Nasego, au seizième kilomètre. La Kenyane avait réussi à conserver 22 secondes d’avance sur Engelhard.
Chepkirui restait troisième, mais accusait désormais deux minutes de retard sur le duo de tête, ce qui rendait un retour très improbable.
Kirsty Skye Dickson avait, elle-aussi, produit son effort dans la montée pour s’emparer de la quatrième place, à un peu plus d’une minute de Chepkirui. L’Italienne Arianna Dentis, auteur de bons résultats cette saison sur les Coupe du monde de Grossglockner et Vauban, était remontée en cinquième position. Andrea Mayr avait également progressé et se trouvait dans le groupe de chasse au sommet.
La longue descente finale allait finalement s’avérer encore plus décisive chez les femmes que chez les hommes. Engelhard ne parvenait pas à combler son retard et Ruth Mwihaki Gitonga s’imposait en 1h47’06, avec 27 secondes d’avance sur l’Allemande, deuxième en 1h47’33. Chepkirui conservait sa troisième place. Dentis poursuivait son effort jusqu’à l’arrivée pour prendre la quatrième place, devant Chebet, cinquième.
Du côté des Françaises, Céline Jeannier se classe 18e, Cristel Dewalle 22e, Rosalie Georges 25e, Elise Guillot 31e,
TOP 5 FEMMES
1 - Ruth Mwihaki Gitonga (Kenya) 1h47’06
2 - Nina Engelhard (Allemagne) 1h47’33
3 - Miriam Chepkirui (Kenya) 1h50’14
4 - Arianna Dentis (Italie) 1h52’51
5 - Gloria Chebet (Kenya) 1h53’12
La Coupe du monde de course en motagne prend désormais la direction de la Pologne, le 19 septembre, pour la dernière course longue distance du circuit 2026 sur le Maraton Trzech Jezior (Three Lakes Marathon).